La petite heure – sur la butte

Après avoir bien rêvé, juché sur ma butte, il est temps de refaire le monde. Les autres lunatiques iront marcher en pleine rue pour chahuter un peu, moi j’ai un nouvel espoir.

Après avoir bien rêvé sous le ciel, je me suis dit que je pouvais retourner la voir. Je n’ai pas le choix. Il me faut faire un trou dans le fouillis de vesces et de millepertuis. C’est par là que je passerai. – Je n’ai jamais si bien senti mon appartenance à la terre qu’étendu là, à deux pas du souffle originel de la mer, les yeux perdus au ciel, dans cet été si parfaitement chaotique, si semblable à ce que je suis, qu’on ne sait plus lequel se confond dans l’autre.

Tous les livres du monde n’ont pas pu m’apprendre cette chose pourtant infime, découverte par simple disponibilité. Je suis un esclave. Je donnerais ma vie pour une heure passée dans ses bras. Et je fais comme si. Tandis que couché là je refais une juste approximation des choses, la mer, le ciel, les parallèles et les courbes me fuient. Un vertige comme sur le bord des falaises.

Si riche est l’illusion que je pourrais céder si des corneilles ne prenaient du temps à passer dans mon champ de vision, ou vont-elles? Qu’un peu de ciel s’embrase. Qu’un dernier nuage passe. Et j’effleure sa main.

Pour le reste, je serai soumis.

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